Soirées Tupperware et furoncles pilo-sébacés

La fille qui te proposait de lui racheter ses merdes à prix d’or

Parce qu’une vraie blogueuse populaire n’est pas totally « girly » tant qu’elle n’a pas, à son tour, ouvert un vide-dressing sur internet grâce auquel non seulement elle exhibe sous le nez de ses lectrices les tonnes de fringues de marques qu’elle possède parce qu’elle est over-fashionable, mais en plus elle se débarrasse de toutes les frusques dont elle ne veut plus en les refourguant à des courges loleuses trop contentes de se fendre de cinquante euros pour un slip Etam® élimé (mais porté par…Hiiiiiiiiii !)

La mode, sur les blogs de filles, est donc au « vide-dressing ».
Le principe est simple (enfin, il me semble): une blogueuse qui a un lectorat suffisamment étoffé propose à ses fans de lui racheter des vêtements dont elle ne veut plus et dont elle met les photos en ligne.
Avec un peu de chance, la blogueuse en question dispose d’un réservoir de mille à cinquante-mille brebis bêlantes dotées d’un solide instinct grégaire, ce qui l’assure (en principe) de pouvoir refourguer ses sapes en moins de deux minutes chrono.

Bon.

Permets-moi de tenter l’expérience, puisque comme tu le sais, ma seule et unique ambition dans la vie est de voir mon blog devenir le rendez-vous branchouille d’un bon quintal de pintades glouglouteuses que je pourrai plumer distraire de leurs vies de merde avec l’aide de quelques sympathiques annonceurs qui auront à cœur de préserver leur bien-être et leur futilité si rentable.

Donc je te la fais courte, on est entre nous, hein.
Voilà les merdouilles dont je souhaite ardemment me débarrasser, avec de 1 à 5:

  1. Une minijupe offerte par ma cousine Bernadette, portée une seule et unique fois en 1998 puis remisée au fond du placard (juste après qu’un sexagénaire salace m’ait demandé en me croisant dans la rue: « c’est combien? »)
  2. Un tee-shirt « Ensemble, tout devient possible » offert par le cousin de Loutre, un boutonneux complètement con étudiant à HEC et heureux possesseur d’un calendrier UMP et d’une montre à l’effigie de Patrick Devedjian (tee-shirt jamais porté, croix de bois, croix de fer).
  3. Un short suffisamment court pour laisser élégamment dépasser quelques poils pubiens, idéal pour celles qui veulent à toutes force se faire passer pour des clones lubriques de Daisy Duke dans Shérif fais-moi peur (jamais porté, juré-craché)
  4. Une paire de chaussons à chier, tranquillement fauchés dans un hôtel de Barcelone
  5. Des chaussures de drag-queen offertes par ma tante, qui doit être fan absolue de Priscilla folle du désert (excellent film au demeurant) (état neuf, jamais portées)

Voilà.
Comme j’ai un respect certain pour mon lectorat, je tiens à préciser que la première lectrice qui me fera une offre sérieuse remportera, en guise de cadeau bonus, un coupon de réduction de 15 (quinze) centimes d’euros à valoir sur les crèmes dessert goût pistache de chez Lidl, ainsi que ce superbe balai à chiottes presque neuf, très peu servi.

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La fille qui trouvait que la blogosphère manque décidément de bites

Quand je m’emmerde vraiment (vu que ma vie à moi n’est pas tout à fait fascinante), j’aime bien aller chez ma boulangère.
Ma boulangère et moi, on se connaît depuis peu de temps, vu que j’ai emménagé y’a pas trois mois dans le coin. Oui, avant je vivais là où les garçons de plus de huit ans portent des jeans qui donnent l’impression qu’ils viennent de faire caca dedans, des casquettes à l’envers et des chaussures dont ils sont fiers de reproduire la marque sur les murs de la cité (quand ils écrivent « Nike la police » dans la cage d’escalier, par exemple). Maintenant, je vis là où les garçons (qui sont tous rouquins avec des oreilles décollées et s’appellent Trividic ou Hascoet) sont diagnostiqués alcooliques chroniques à partir de douze ans, et où les filles (qui s’appellent Branellec, Le Floc’h ou Le Goff) aiment broder des napperons en forme de Triskell.

Donc, hier matin, vu que j’avais le choix entre les les J.O d’hiver et la messe à la télé, je suis allée m’acheter une baguette et j’ai pensé que j’allais en profiter pour exposer ma toute nouvelle théorie à ma boulangère, qu’aime bien faire la causette même si elle préfère les ragots de quartier aux grandes théories sociologiques.

(Moi): – Bonjour m’âme Nedelec, vous me mettrez un kilo de trentenaires© pas trop cuites mais bien blondes, siouplé!
(Elle): – J’â point compris…et pourquoi que vous y mettez du rose, du gras et un ©, aussi?
(Moi): – Laule, laule, c’est une blague, en fait, c’est parce que figurez-vous que depuis hier, j’arrête pas de penser à cette épidémie qui, depuis quelques années, sévit régulièrement sur les écrans de nos cinoches et de nos ordinateurs occidentaux.
(Elle): – La grippâh?
(Moi): – Non.
(Elle): – Bah, la gastro-entérite?
(Moi): – Non plus. En fait, m’âme Nedelec, si vous y réfélchissez deux minutes, vous allez vite comprendre. Si je vous dis Le diable s’habille en Prada, le Journal de Bridget Jones, Sex and the city…Mmmm? Si je vous dis blog, bande dessinée, jeune femme active qui bosse dans la comm’ ou dans le graphisme?
(Elle): – Bah nan, je vois pô, hein…
(Moi): – Ben la trentenaire©, m’âme Nedelec! La trentenaire©, qui est devenue un produit de consommation hyper-bankébeuhl, au même titre que le kilo de patates ou le paquet de lessive! La trentenaire©, quoi, qui peut être célibataire ou pas (mais alors inévitablement maquée avec un adorable nounours, lui-même cadre sup’ ou artiste à succès, ou bien PDG d’une start-up couillue), qui peut être balancée comme un canon ou un peu enrobée (un peu enrobée, à la limite, c’est mieux: ça la rapproche des consommatrices potentielles, ces milliers de potiches qui iront voir le film ou acheter la BD), la trentenaire© qui soigne sa déprime en ingurgitant des litres de glace Ben and Jerry’s parfum vanille-noix-de-pécan tout en regardant Casablanca sur son écran plasma…La trentenaire©, m’âme Nedelec! Professionnellement hyperactive, financièrement aisée (mais sans ostentation), évidemment fashion victim (mais toujours avec goût), politiquement neutre (faut pas déconner non plus) mais toujours prête à s’engager pour de grandes causes consensuelles comme la faim dans le monde ou la scolarisation des fillettes du Kazakhstan…La trentenaire©, merde, qu’elle s’appelle Bridget Jones ou qu’elle ait « un crayon dans le cul », peu importe, vous voyez? Sans déconner, impossible  aujourd’hui d’aller voir un bon vieux navet italo-helvético-germanique sans se fader, pendant quinze minutes, des bandes annonces pourries pour des films tout aussi pourris qui exploitent le filon de la trentenaire©, et vas-y que je te propose les trentenaires névrosées qui vont chez leur psy, les trentenaires qui n’arrivent pas à grandir et refusent de s’engager, les trentenaires dépressives, les trentenaires bobos qui se séparent de leur mec devant un bar branchouille  du Marais et se réconcilient avec lui au Festival du Film Altermondialiste, les trentenaires qui m’aiment prendront le train, la Septième Compagnie des trentenaires, les trentenaires si je mens…


(Elle): – Bon, c’est pô tout ça, mais vous allez prendre quoi, à force? La Tradition? La Baguette de campagne? Le pain complet?
(Moi): – Tenez, en matière de blogs, ben c’est un peu la même chose: impossible ou presque de lire un blog en bande dessinée sans tomber sur le concept archi-usé de la trentenaire! Fait chier, quand même, non? Même les styles graphiques finissent par tous se ressembler, on sait même plus si on est chez Pénélope, chez Margot, chez Dudule ou chez Bérangère! Vous savez quoi, m’âme Nedelec, décidément, je préfèrerai toujours mille fois une planche de Monsieur le Chien, parce que voilà un mec qui ne se vend pas comme un bête produit marketing, oh que non, m’âme Nedelec, Monsieur le Chien est un connard sexiste et un obsédé sexuel, un looser complet qui s’assume complètement et qui me fait hurler de rire en dessinant des bites partout et en écrivant le mot « enculé » sans se gêner dans ses planches, voilà! Un peu de subversion dans ce monde de génisses ruminantes, BORDEL!

(Elle): – Donc vous me dites, en gros, que parce que des filles ne crient pas « enculé » dans des films ricains tout pourris, vous venez m’acheter un kilo de bites, un dimanche, à huit heures du matin?
(Moi): – ….
(Elle): – ….
(Moi): – ….
(Elle): – Ewenn! Quitte donc ton fournil et viens voir un peu pôr ici, qu’on a une parigote complètement dégueulasse qui vient me causer vulgaire devant le comptoir! Allez elle prend ses bactéries et elle se casse très vite, la folle du cul!

La Bretagne, comme la Vendée, le Poitou, l’Ile de France, la Corse, le Gard, le Larzac et même Wallis-et-Futuna, est une région de merde.

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La fille qui pensait que les sacs de pouffes sont un sujet tellement « laule »

Parce qu’un vrai blog de fille ne s’abaissera jamais à te parler de conneries aussi triviales et peu intéressantes que la politique, l’économie, les évolutions sociétales, la philosophie grecque ou les boquins d’Albert Camus (qui?)…

J’ai vu quelque part sur un blog de fille trop génial (tellement il est drôle, spirituel et original que tu ovules spontanément en découvrant sa page d’accueil) un concept extraordinairement novateur et révolutionnaire, limite subversif et politiquement ahurissant:
Des dizaines de photos de sacs de filles renversés, avec leur contenu éparpillé sur une surface plane (table Habitat®, planche à repasser Seb®, parquet Leroy Merlin® vu dans Question Maison©, matelas Ikéa®  couvert de poils pubiens précautionneusement épilés avec le tout dernier Silk-Epil de Braun®…). Un descriptif hautement  précis accompagne évidemment les photos, et ça donne quelque chose comme:

« Kikou! Alors moi je m’appelle Tiffany, mon sac est un Lancel rose bonbon que j’adore, et donc dedans j’ai mis:

– mon Ipod® rose
– mon portefeuille Longchamp®
– mes lunettes de soleil Dolce Gabbana®
– ma trousse à maquillage Agnès B®
– mon trousseau de clé avec mon porte-clés « Stitch » (krôôô meûgnon, hein? Je l’ai acheté à Eurodisney le jour où mon chéri et moi on y est allés avec les arrières-petits-neveux de Tata Jacqueline, j’ai troooop hâte qu’on en ait aussi…des enfants, hein, pas des tatas Jacqueline, lol lol lol !)
– mon diaphragme (rhôôô comment ça se fait que ça traîne dans mon sac, ça! Hi hi hi!)
– et le tout premier numéro du magazine Envy, avec Rihanna en couverture, hiiiiiiiiii! « 

Voilà.
Alors moi je dis: heureusement qu’il y a les blogs de filles pour occuper son temps quand on est chômeuse et dépressive, surtout les blogs de filles chics et de bon goût qui élèvent un peu ton niveau de réflexion et améliorent sensiblement celui de ta culture générale.

Et puisqu’on parle de culture générale, de niveau de réflexion et de bon goût, mate un peu la nouvelle pub pour le « Grand Emprunt » que vient de commander le gouvernement français, tu la regardes à peine deux secondes et tu sens ton utérus se contracter de bonheur, c’est presque pavlovien:

Mais alors, fichtre, qu’y avait-il donc dans le sac de Marianne?
(On sait déjà qu’il manquait une boîte de préservatifs et qu’elle s’est de toute évidence fait mettre…)

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La fille qui voulait devenir riche pour pouvoir aller voir des films pourris

Parce que tout blog de fille qui se respecte ne manque jamais de faire la promotion de tout un tas de bricoles inutiles qui épateront tes keupines et te rendront plus belle, plus mince mais pas moins con…

Sur un vrai blog de fille, pour peu que le succès soit au rendez-vous, c’est-à-dire si au moins un bon millier de courges disposant d’un nombre limité de neurones viennent quotidiennement s’extasier sur (par exemple) le dernier gilet en poils de lapin de chez Louis Vuitton (offert par ce brave Louis à la blogueuse en question, en échange d’une petite pipe virtuelle prodiguée sous la forme d’un billet vantant les mérites dudit gilet), sur un vrai blog de fille à succès, disais-je, il n’est pas rare de tomber régulièrement sur un billet dit « sponsorisé ».

Un billet « sponsorisé », c’est comme un billet de blog classique, sauf que ça parle obligatoirement de sapes, de rouge à lèvres, de sac à main fashion ou d’aspirateur dernier cri.
Un billet « sponsorisé », c’est un billet qui ne set qu’à monter un petit coup de pute de pub en faveur d’un produit considéré comme FF (Forcément Féminin) et contre lequel la blogueuse va toucher, au choix, un chèque de remerciement, un voyage de remerciement, une caisse de champagne de remerciement ou un abonnement à vie de remerciement (parfois tout ça en même temps, mais alors faut que la blogueuse, elle ait largement franchi le seuil symbolique des mille courges loleuses sur son blog, et puis qu’elle ait suffisamment de talent pour en convaincre au moins 10% de se faire dépouiller la bouche en cœur par l’annonceur, ce qui n’est pas donné à tout le monde, loin de là, n’est pas péripatéticienne en chef qui veut, ça non).

J’ai l’air d’une grosse jalouse, hein, à débiner les blogueurs à chromosomes « XX » qui tapinent arrondissent leurs fins de mois en acceptant le rôle d’animatrice peroxydée au sourire indéboulonnable, genre Valérie Pascale sur M6 boutique?
Je sais.
En vrai, bien sûr, je suis une grosse jalouse.

Parce que moi aussi, en vrai, je rêve de gagner des sous. Ou du champagne . Ou un voyage. Je me contenterais même d’une place de cinoche gratuite, ce qui me permettrait d’aller voir Valentine’s Day, une grosse merde sentimentale avec Jessica Albla et Ashton Kutcher (preuve indubitable de son degré de nullité) qui parle (sans blague) de la Saint-Valentin et des couples qui se séparent, se retrouvent, s’appellent sur leur Blackberry, se séparent, copulent, se séparent, s’appellent sur leur Blackberry, copulent, se retrouvent, se séparent, copulent sur leur Blackberry…Un bien beau film, donc, sur lequel je brûle de vomir quelques insanités dans ces pages mais pour lequel il est hors de question que je débourse ne serait-ce qu’un centime, et que donc ça m’arrangerait carrément qu’un annonceur quelconque me paye la place en échange d’un billet flatteur et servile.

Tiens, je suis prête à écrire vingt-cinq lignes dithyrambiques sur le côté pratique, essentiel et tellement hype des toutes nouvelles poires à lavement en  silicone, si douces au contact et surtout indispensables à toute vraie gonzesse qui se respecte, que ça ferait carrément classe, associé à tes nouvelles chaussures André (entièrement conçues et designed par des blogueuses ultra-célèbres, prosterne-toi et admire, furoncle insignifiant), surtout si tu oses la couleur (le orange par exemple).

Je sais pas pourquoi, mais je sens que c’est le début de la fortune.

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