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La fille qui faisait de la retape pour un chauve avec un Stetson et un fusil à canon scié

Parce qu’il faut être belle mais aussi rebelle (laule) comme le dit si bien une célèbre blogueuse dont l’influence s’étend jusqu’à Hollywood, où elle s’amuse à faire et à défaire la réputation de Georges Clooney et de Brad Pitt au gré de ses envies tellement elle est influente, tellement elle est sexy et tellement elle a la pugnacité et le mordant de son idole  Carrie Bradshaw…


En admettant que tu sois une lectrice régulière des blogs de filles tels qu’on les aime, vénère et glorifie sur ce Pas Blog, laisse-moi aujourd’hui te proposer un billet troooop glamour, tellement il est fashion qu’il va te donner envie de te précipiter sur un test d’ovulation Clearblue©, de faire tes trois petites gouttes à l’arrache histoire de vérifier que tu es dans les clous, et de te ruer sur ton mari, compagnon, concubin, amant ou coup d’un soir trop arrosé afin de te reproduire sans délais, là, tout de suite, sur la table Habitat® de la cuisine Ikéa® de ton loft parisien.

Car oui, toi, chère lectrice shopping addict abonnée à Cosmopolitan et qui viens de casser ta tirelire sur les conseils judicieux d’une célèbre blogueuse afin de te payer l’intégrale du coffret  anti-rides ROC ConneXion® (crème Anti-Rides Hydratante de jour, crème Régénérante de nuit, Sérum Intensif et  Crème Anti-Rides Yeux), aujourd’hui j’ai sérieusement envie de te mettre un doigt.

Un doigt de finesse, un doigt de légèreté, un doigt de bon goût dans cette journée de shopping intense qui s’annonce pour toi et qui va te mener de boutique Esprit en vitrine Lancôme, d’épuisant essayage chez André en choix cornélien chez Marionnaud, sans parler de ta soirée qui risque fort de se terminer, comme souvent, par un zapping frénétique et anxieux de blog célèbre en blog influent, histoire de vérifier que tu n’as pas acheté trop de la merde au cours de tes pérégrinations exaltantes.

Un soupçon de délicatesse, donc, l’équivalent visuel d’un gommage soyeux à la Weleda® 100% bio, un cousin germain sur pellicule du masque Givenchy® à base de beurre de karité et de thé noir, l’expression cinématographique d’une application de crème Camphréa® de chez Guerlain (pour les peaux à problèmes, comme tu le sais).
Un pur moment de bonheur, de glamour, un film soooo girly qu’il te donnera envie de remuer tes oreilles en faisant des lols et de braire tes « hiiiiiiii ! » pendant les soixante-douze heures qui suivront le visionnage.

Ah oui, et puis j’avais oublié, évidemment: pour peu que tu sois, comme la plupart des lectrices assidues des blogs de filles les plus populaires, complexée par ton kilo en trop et ta culotte de cheval de deux millimètres d’épaisseur, j’ai un dernier argument de vente auquel tu ne pourras décidément pas résister: si ton degré de sensibilité se rapporte à ta connerie, y’a de fortes chances que ce petit bijou du Septième Art t’aide à conserver durablement une ligne que toutes tes keûpines t’envieront en bavant lamentablement dans ton dos, vu que la célébration de la chair déchiquetée et la commémoration du cannibalisme décomplexé sont les deux mamelles de ce produit cosmétique dernière génération, et que par conséquent il aura l’ultime avantage de t’épargner tes habituels deux doigts au fond de la gorge.

Catégories : Films, livres et chansons pourries qu'on télécharge illégalement | Étiquettes : , , , | 15 Commentaires

La fille qui trouvait que la blogosphère manque décidément de bites

Quand je m’emmerde vraiment (vu que ma vie à moi n’est pas tout à fait fascinante), j’aime bien aller chez ma boulangère.
Ma boulangère et moi, on se connaît depuis peu de temps, vu que j’ai emménagé y’a pas trois mois dans le coin. Oui, avant je vivais là où les garçons de plus de huit ans portent des jeans qui donnent l’impression qu’ils viennent de faire caca dedans, des casquettes à l’envers et des chaussures dont ils sont fiers de reproduire la marque sur les murs de la cité (quand ils écrivent « Nike la police » dans la cage d’escalier, par exemple). Maintenant, je vis là où les garçons (qui sont tous rouquins avec des oreilles décollées et s’appellent Trividic ou Hascoet) sont diagnostiqués alcooliques chroniques à partir de douze ans, et où les filles (qui s’appellent Branellec, Le Floc’h ou Le Goff) aiment broder des napperons en forme de Triskell.

Donc, hier matin, vu que j’avais le choix entre les les J.O d’hiver et la messe à la télé, je suis allée m’acheter une baguette et j’ai pensé que j’allais en profiter pour exposer ma toute nouvelle théorie à ma boulangère, qu’aime bien faire la causette même si elle préfère les ragots de quartier aux grandes théories sociologiques.

(Moi): – Bonjour m’âme Nedelec, vous me mettrez un kilo de trentenaires© pas trop cuites mais bien blondes, siouplé!
(Elle): – J’â point compris…et pourquoi que vous y mettez du rose, du gras et un ©, aussi?
(Moi): – Laule, laule, c’est une blague, en fait, c’est parce que figurez-vous que depuis hier, j’arrête pas de penser à cette épidémie qui, depuis quelques années, sévit régulièrement sur les écrans de nos cinoches et de nos ordinateurs occidentaux.
(Elle): – La grippâh?
(Moi): – Non.
(Elle): – Bah, la gastro-entérite?
(Moi): – Non plus. En fait, m’âme Nedelec, si vous y réfélchissez deux minutes, vous allez vite comprendre. Si je vous dis Le diable s’habille en Prada, le Journal de Bridget Jones, Sex and the city…Mmmm? Si je vous dis blog, bande dessinée, jeune femme active qui bosse dans la comm’ ou dans le graphisme?
(Elle): – Bah nan, je vois pô, hein…
(Moi): – Ben la trentenaire©, m’âme Nedelec! La trentenaire©, qui est devenue un produit de consommation hyper-bankébeuhl, au même titre que le kilo de patates ou le paquet de lessive! La trentenaire©, quoi, qui peut être célibataire ou pas (mais alors inévitablement maquée avec un adorable nounours, lui-même cadre sup’ ou artiste à succès, ou bien PDG d’une start-up couillue), qui peut être balancée comme un canon ou un peu enrobée (un peu enrobée, à la limite, c’est mieux: ça la rapproche des consommatrices potentielles, ces milliers de potiches qui iront voir le film ou acheter la BD), la trentenaire© qui soigne sa déprime en ingurgitant des litres de glace Ben and Jerry’s parfum vanille-noix-de-pécan tout en regardant Casablanca sur son écran plasma…La trentenaire©, m’âme Nedelec! Professionnellement hyperactive, financièrement aisée (mais sans ostentation), évidemment fashion victim (mais toujours avec goût), politiquement neutre (faut pas déconner non plus) mais toujours prête à s’engager pour de grandes causes consensuelles comme la faim dans le monde ou la scolarisation des fillettes du Kazakhstan…La trentenaire©, merde, qu’elle s’appelle Bridget Jones ou qu’elle ait « un crayon dans le cul », peu importe, vous voyez? Sans déconner, impossible  aujourd’hui d’aller voir un bon vieux navet italo-helvético-germanique sans se fader, pendant quinze minutes, des bandes annonces pourries pour des films tout aussi pourris qui exploitent le filon de la trentenaire©, et vas-y que je te propose les trentenaires névrosées qui vont chez leur psy, les trentenaires qui n’arrivent pas à grandir et refusent de s’engager, les trentenaires dépressives, les trentenaires bobos qui se séparent de leur mec devant un bar branchouille  du Marais et se réconcilient avec lui au Festival du Film Altermondialiste, les trentenaires qui m’aiment prendront le train, la Septième Compagnie des trentenaires, les trentenaires si je mens…


(Elle): – Bon, c’est pô tout ça, mais vous allez prendre quoi, à force? La Tradition? La Baguette de campagne? Le pain complet?
(Moi): – Tenez, en matière de blogs, ben c’est un peu la même chose: impossible ou presque de lire un blog en bande dessinée sans tomber sur le concept archi-usé de la trentenaire! Fait chier, quand même, non? Même les styles graphiques finissent par tous se ressembler, on sait même plus si on est chez Pénélope, chez Margot, chez Dudule ou chez Bérangère! Vous savez quoi, m’âme Nedelec, décidément, je préfèrerai toujours mille fois une planche de Monsieur le Chien, parce que voilà un mec qui ne se vend pas comme un bête produit marketing, oh que non, m’âme Nedelec, Monsieur le Chien est un connard sexiste et un obsédé sexuel, un looser complet qui s’assume complètement et qui me fait hurler de rire en dessinant des bites partout et en écrivant le mot « enculé » sans se gêner dans ses planches, voilà! Un peu de subversion dans ce monde de génisses ruminantes, BORDEL!

(Elle): – Donc vous me dites, en gros, que parce que des filles ne crient pas « enculé » dans des films ricains tout pourris, vous venez m’acheter un kilo de bites, un dimanche, à huit heures du matin?
(Moi): – ….
(Elle): – ….
(Moi): – ….
(Elle): – Ewenn! Quitte donc ton fournil et viens voir un peu pôr ici, qu’on a une parigote complètement dégueulasse qui vient me causer vulgaire devant le comptoir! Allez elle prend ses bactéries et elle se casse très vite, la folle du cul!

La Bretagne, comme la Vendée, le Poitou, l’Ile de France, la Corse, le Gard, le Larzac et même Wallis-et-Futuna, est une région de merde.

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La fille qui avait vraiment donné de sa personne mais qui restait modeste

J’ai voulu faire plaisir à Loutre pour son anniversaire.
Je voulais un gueuleton inoubliable, une explosion de saveurs, un orgasme papillaire incomparable.

Alors j’ai passé deux jours et deux nuits sur les blogs de cuisine les mieux classés chez Wikio (Wikio, c’est un peu le Alain Madelin des blogs: pour que ne survivent que les meilleurs, rien ne vaut une saine mise en concurrence sous la forme  d’une lutte à mort, jusqu’à disparition complète du plus faible).
Je me suis donc fadé Papilles et Pupilles (je te recommande chaudement le formidable billet sur la fabrication des tripes et du boudin, photos à l’appui, ça vaut le détour) qu’est number ouane au classement Wikio, et puis La cuisine de Mercotte, qu’est number tou (sa devise, « un brin de pédagogie dilué dans une bonne dose de gourmandise », c’est tout un programme qui m’a aussitôt donné envie de me repasser les massacres culinaires de Maïté en boucle sur ma téloche, spécialement l’éviscération de l’anguille vivante), j’ai même parcouru l’intégralité de C’est moi qui l’ai fait en long, en large et en travers (sans parvenir à me débarrasser des souvenirs de Valérie Lemercier s’auto-parodiant chez les Nuls dans la fameuse scène où elle présente à ses invités un plat rempli de merde et où elle s’exclame « ça vous plaît? C’est moi qui l’ai fait! », mais là n’est pas le sujet, fermons cette inutile parenthèse qui fait rien qu’à me faire perdre le fil de ma connerie).

Donc j’ai lu environ deux mille recettes avec des noms à coucher dehors (comme le duo de foie gras poêlé sur son lit de figues et sa confiture d’ananas caramélisé, et ça c’est juste une petite entrée de rien du tout).
Au bout de 48 heures, j’avais encore du mal à me décider (et en plus j’avais une petite nausée qui montait, à force de mater toutes ces photos de boustifaille étalées en pleine page).

Finalement, et après m’être mis la rate au court-bouillon pendant encore une douzaine d’heures, j’ai opté pour un menu pas piqué des hannetons, je te prie de le croire, et digne des meilleurs gueuletons royaux offert par Jean-Bedel Bokassa à Giscard, que même Jean-Pierre Coffe il cracherait pas dessus, mate un peu ça:

Trop d’la balle, hein?
Classieux, raffiné, visuellement époustouflant, pas un dîner d’anniversaire de baltringue, quoi.
….
Ouais.
….

Évidemment, y’a quelques pré-requis indispensables:
– Une connexion internet qui fonctionne pour pouvoir aller sur Cityvox.
– Une réserve de thunes suffisante pour pouvoir payer l’addition et laisser un pourboire à la greluche qui t’a souri de manière crispée à chaque fois qu’elle t’a apporté les plats, le pinard et l’addition.

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La fille qui pensait que les sacs de pouffes sont un sujet tellement « laule »

Parce qu’un vrai blog de fille ne s’abaissera jamais à te parler de conneries aussi triviales et peu intéressantes que la politique, l’économie, les évolutions sociétales, la philosophie grecque ou les boquins d’Albert Camus (qui?)…

J’ai vu quelque part sur un blog de fille trop génial (tellement il est drôle, spirituel et original que tu ovules spontanément en découvrant sa page d’accueil) un concept extraordinairement novateur et révolutionnaire, limite subversif et politiquement ahurissant:
Des dizaines de photos de sacs de filles renversés, avec leur contenu éparpillé sur une surface plane (table Habitat®, planche à repasser Seb®, parquet Leroy Merlin® vu dans Question Maison©, matelas Ikéa®  couvert de poils pubiens précautionneusement épilés avec le tout dernier Silk-Epil de Braun®…). Un descriptif hautement  précis accompagne évidemment les photos, et ça donne quelque chose comme:

« Kikou! Alors moi je m’appelle Tiffany, mon sac est un Lancel rose bonbon que j’adore, et donc dedans j’ai mis:

– mon Ipod® rose
– mon portefeuille Longchamp®
– mes lunettes de soleil Dolce Gabbana®
– ma trousse à maquillage Agnès B®
– mon trousseau de clé avec mon porte-clés « Stitch » (krôôô meûgnon, hein? Je l’ai acheté à Eurodisney le jour où mon chéri et moi on y est allés avec les arrières-petits-neveux de Tata Jacqueline, j’ai troooop hâte qu’on en ait aussi…des enfants, hein, pas des tatas Jacqueline, lol lol lol !)
– mon diaphragme (rhôôô comment ça se fait que ça traîne dans mon sac, ça! Hi hi hi!)
– et le tout premier numéro du magazine Envy, avec Rihanna en couverture, hiiiiiiiiii! « 

Voilà.
Alors moi je dis: heureusement qu’il y a les blogs de filles pour occuper son temps quand on est chômeuse et dépressive, surtout les blogs de filles chics et de bon goût qui élèvent un peu ton niveau de réflexion et améliorent sensiblement celui de ta culture générale.

Et puisqu’on parle de culture générale, de niveau de réflexion et de bon goût, mate un peu la nouvelle pub pour le « Grand Emprunt » que vient de commander le gouvernement français, tu la regardes à peine deux secondes et tu sens ton utérus se contracter de bonheur, c’est presque pavlovien:

Mais alors, fichtre, qu’y avait-il donc dans le sac de Marianne?
(On sait déjà qu’il manquait une boîte de préservatifs et qu’elle s’est de toute évidence fait mettre…)

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La fille qui assumait mal son arachnophobie

Parce qu’un vrai blog de fille aborde toujours, à un moment ou un autre, la délicate question des désordres psychiques typiquement féminins…

Hier soir,  j’ai subi une attaque particulièrement vicieuse et néanmoins foudroyante.
L’ennemi a profité de l’entrebâillement funeste de la fenêtre du salon pour se glisser subrepticement dans la place. Après quoi, il s’est tapi dans l’ombre, silencieux comme un commando du GIGN, suivant la règle bien connue de l’empereur Sun Tzu: L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat.

J’étais sur le chemin des toilettes, regrettant déjà de devoir manquer cinq minute de téloche (les interventions hautement intellectuelles de la bande de trisomiques du Grand Journal sur Canal Plus me font un peu l’effet d’une injection de novocaïne sur une dent cariée, surtout quand c’est Ariane Massenet qui tente péniblement d’aligner trois mots).
J’ai poussé la porte, me délectant par avance du bref moment que j’allais passer en ce lieu béni des dieux, ce havre de paix fraîchement repeint et nouvellement carrelé d’ardoise (oui, on ne se refuse rien, c’est le bling-bling sanitaire), quand soudain je l’ai vu.

Embusqué dans un coin, à la jonction du mur de droite et du plafond.
Énorme.
Gras.
Biennoir sur ce fond bien blanc.
Un cousin.
Le Godzilla de tous les cousins.
Tout en pattes filiformes et en ailes membraneuses.

J’en ai laissé tomber mon exemplaire du Monde (oui, c’est très névrotique mais quand je vais aux chiottes, j’ai besoin d’emmener Le Monde, ça m’aide à me concentrer).

– Mon amour?
– Vouiiiiiii?
– J’ai comme qui dirait un petit problème.
– Keskya?
– Ce sera plus simple si tu viens voir.
– Mmmmmm.

Loutre se pointe tranquillement trois secondes plus tard (j’entends vaguement le dénommé Mouloud à la télé qui tente de prouver qu’il a beau être obèse et particulièrement con, il a toute sa place dans une émission branchouille destinée aux bobos parisiens, et je l’approuve intérieurement).

– Alors?
– Là.

Et je pointe Godzilla du doigt.

– Ben quoi?
– T’as vu?
– Oui. C’est un cousin. Les beaux jours reviennent. Les insectes aussi.
– ….
– ….
– ….
– Bon, tu vas faire ta petite affaire, hein? C’est pas que ça urge, mais j’irais bien, moi aussi.
– Je t’en prie, passe devant, j’ai décidé de mouiller mon pantalon.

Un tressaillement imperceptible de la lèvre supérieure, un léger frémissement des naseaux, le coin de la bouche qui se retrousse.
Loutre sourit.
De plus en plus.
Maintenant, Loutre se marre franchement.

– La Chose qui recule devant un gros moustique. On aura tout vu. Personne ne me croira.
– Je t’emmerde.
– T’as la trouille du méchant vilain petit insecte?
– Je vais te casser la gueule.
– Bouh! Qu’il n’était vilain le petit insecte!
– Quand j’en aurai fini avec toi, t’auras besoin d’une paille pour respirer.
– Tu veux que j’appelle SOS Fantoches?
– T’auras même besoin d’un anus artificiel pour…
– Ouais, ouais, c’est ça, on lui dira. Bon allez, je te laisse en tête à tête avec Cousin Bernardo, va!

Et Loutre tourne les talons et s’en va dans le salon, me laissant seule face au monstre.
Qui ne bouge pas (le monstre).
Qui se contente d’être posé là, comme une verrue sur la face divinement pure d’une jolie fille.
Et qui, j’en suis convaincue, me regarde dans les yeux.

– Ecoute, Bernardo, fils de chien, tu as exactement trois secondes pour aller trimballer ta carcasse hideuse ailleurs, t’entends? Sinon je te jure que je te ratatine comme une merde.

Bernardo m’écoute, j’en suis sûre. Il m’écoute, et il se bidonne. Ce putain de cousin se fout de moi.
Parce qu’il sait pertinemment, Bernardo, que jamais je n’aurai le courage de m’approcher de sa petite gueule d’araignée volante.
J’ai horreur des araignées.
J’ai horreur des cousins.
J’ai horreur de tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à un truc qui vole, qui rampe ou qui trotte, et qui appartient à la famille des arthropodes. Surtout les insectus.
Bernardo le sait bien. C’est pour ça qu’il se marre.

– Alors, la Chose, ça va comme tu veux? Mmmm? Il se passe comment, ton match de boxe avec Apollo le Cousino? Arf arf arf!

T’en foutrais moi, tu vas voir, match de boxe, oui, c’est ça, je sais pas ce qui me retient de l »exploser contre le mur, Apollo le Cousino, Bernardo le Salopiot, je sais pas ce qui me retient…Mais si, je le sais.
La trouille.
Du coup, je ne suis pas allée aux toilettes. J’ai passé la soirée à me tortiller dans le canapé, avec une envie pressante, pressante, PRESSANTE NOM DE DIEU, mais j’ai tenu le coup.
Et quand Loutre a fini par aller au petit coin, j’ai été gratifiée d’un méprisant:

– Allez, killeuse, tu peux venir le faire, ton pissou, Bernardo el cousino loco est reparti à Tijuana s’envoyer une Tequila.

L’inconvénient, quand on est pas mariée, c’est que du coup, ben on peut pas divorcer.

Oups, il y a quelque chose qui cloche, mais du diable si je peux dire quoi!

Catégories : Hypocondrie, névrose d'angoisse et conversion hystérique | Étiquettes : , , , | Poster un commentaire

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