La fille qui te proposait de claquer ton SMIC mensuel dans un voyage top glamour

Parce que sur un vrai blog de fille à succès, il est impensable de ne pas trouver une rubrique « voyages » digne de ce nom qui te propose, avec l’aide de mécènes aussi généreux que désintéressés, de vider ton compte épargne afin de t’offrir les voyages et les week-ends les plus tendance du moment. Après tu seras peut-être complètement fauchée, mais au moins tu ne passeras pas pour une plouc aux yeux de tes keûpines loleuses, qui verront en toi la plus glamour des globe-trotteuses…


Comme tu le sais, j’adore les vrais blogs de filles. Vite, la suite!

Catégories : Tourista, fièvre jaune et crash aériens | Étiquettes : , , , | 32 Commentaires

La fille qui était prête à coucher avec Nadine de Rothschild pour devenir riche et célèbre

Parce que pour devenir populaire et pouvoir arrêter de travailler huit heures par jour (l’horreur) en étant enfin payée exclusivement à rédiger des billets extraordinaires et brillants depuis son domicile ou en direct des défilés de haute couture (l’orgasme), une blogueuse véritablement ambitieuse ne reculera devant rien, même pas une séance de sado-masochisme rémunérée avec Frédéric Lefevbre dans le rôle de l’esclave sexuel…

En général, quand tu écris sur un blog, c’est pour te regarder le nombril.
Ben oui.
Un blogueur ou une blogueuse, c’est basiquement très con, ça s’esbaudit béatement devant ses propres jeux de mots à deux balles (un peu comme un bébé de huit mois qu’est tout fasciné par son caca) et quand c’est vraiment très content, ça fait des  petites bulles de salive avec sa bouche. Vite, la suite!

Catégories : Développement personnel et recherche du bonheur (c'est ça...) | Étiquettes : , , | 22 Commentaires

La fille qui te proposait de lui racheter ses merdes à prix d’or

Parce qu’une vraie blogueuse populaire n’est pas totally « girly » tant qu’elle n’a pas, à son tour, ouvert un vide-dressing sur internet grâce auquel non seulement elle exhibe sous le nez de ses lectrices les tonnes de fringues de marques qu’elle possède parce qu’elle est over-fashionable, mais en plus elle se débarrasse de toutes les frusques dont elle ne veut plus en les refourguant à des courges loleuses trop contentes de se fendre de cinquante euros pour un slip Etam® élimé (mais porté par…Hiiiiiiiiii !)

La mode, sur les blogs de filles, est donc au « vide-dressing ».
Le principe est simple (enfin, il me semble): une blogueuse qui a un lectorat suffisamment étoffé propose à ses fans de lui racheter des vêtements dont elle ne veut plus et dont elle met les photos en ligne.
Avec un peu de chance, la blogueuse en question dispose d’un réservoir de mille à cinquante-mille brebis bêlantes dotées d’un solide instinct grégaire, ce qui l’assure (en principe) de pouvoir refourguer ses sapes en moins de deux minutes chrono.

Bon.

Permets-moi de tenter l’expérience, puisque comme tu le sais, ma seule et unique ambition dans la vie est de voir mon blog devenir le rendez-vous branchouille d’un bon quintal de pintades glouglouteuses que je pourrai plumer distraire de leurs vies de merde avec l’aide de quelques sympathiques annonceurs qui auront à cœur de préserver leur bien-être et leur futilité si rentable.

Donc je te la fais courte, on est entre nous, hein.
Voilà les merdouilles dont je souhaite ardemment me débarrasser, avec de 1 à 5:

  1. Une minijupe offerte par ma cousine Bernadette, portée une seule et unique fois en 1998 puis remisée au fond du placard (juste après qu’un sexagénaire salace m’ait demandé en me croisant dans la rue: « c’est combien? »)
  2. Un tee-shirt « Ensemble, tout devient possible » offert par le cousin de Loutre, un boutonneux complètement con étudiant à HEC et heureux possesseur d’un calendrier UMP et d’une montre à l’effigie de Patrick Devedjian (tee-shirt jamais porté, croix de bois, croix de fer).
  3. Un short suffisamment court pour laisser élégamment dépasser quelques poils pubiens, idéal pour celles qui veulent à toutes force se faire passer pour des clones lubriques de Daisy Duke dans Shérif fais-moi peur (jamais porté, juré-craché)
  4. Une paire de chaussons à chier, tranquillement fauchés dans un hôtel de Barcelone
  5. Des chaussures de drag-queen offertes par ma tante, qui doit être fan absolue de Priscilla folle du désert (excellent film au demeurant) (état neuf, jamais portées)

Voilà.
Comme j’ai un respect certain pour mon lectorat, je tiens à préciser que la première lectrice qui me fera une offre sérieuse remportera, en guise de cadeau bonus, un coupon de réduction de 15 (quinze) centimes d’euros à valoir sur les crèmes dessert goût pistache de chez Lidl, ainsi que ce superbe balai à chiottes presque neuf, très peu servi.

Catégories : Soirées Tupperware et furoncles pilo-sébacés | Étiquettes : , , | 16 Commentaires

La fille qui était partante pour une grande séance d’euthanasie collective

Parce que dans la vie quotidienne d’une blogueuse à la mode, il se passe toujours plein de trucs intéressants, en tout cas suffisamment intéressants pour qu’elle les partage avec un lectorat friand et même avide de ses listes de courses, de ses dates de règles et même de la fréquence de ses pauses-pipi…


Depuis quelques semaines, Loutre est bizarre.

Loutre a tendance à marcher en canard, avec les pieds en équerre.
Loutre est souvent dans la lune.
Loutre me parle d’accessoires à la con qu’il va falloir songer à acheter sans trop tarder.
Loutre pense au Petit tout le temps ou presque.

Le Petit…

Quand j’ai connu Loutre, je dois t’avouer qu’il n’y a pas eu d’ambiguïté entre nous:

(Loutre): – Écoute, la Chose, je t’aime, t’as déjà une môme, c’est pas un problème, je prends le paquet sans discuter et je te promets de ne jamais revenir là-dessus. Simplement, pour que ce soit bien clair: j’ai personnellement jamais eu d’envie parentale, je respecte l’appel du ventre ou de la quéquette reproductive chez autrui mais ça s’arrête là, tu piges? J’aime bien les gosses, mais pas trop longtemps et pas trop près non plus. Alors la tienne, ce sera peut-être un peu la mienne, mais pas de malentendu: on fait comme pour une bagnole, c’est ton nom qui est sur la carte grise, moi je me contente d’être l’autre conducteur, d’accord?
(Moi): – ….J’ai pas le permis.
(Loutre): – ….
(Moi): – Nan mais ça va, fais pas cette tête, on dirait que tu viens de te rendre compte que t’allais te pacser avec Sophie Favier…

Bon, en vrai, Loutre a passé plus de temps que moi chez le pédiatre quand ça gerbait de tous les côtés et que ça pustulait rouge de partout, et puis encore aujourd’hui, quand Phlegmon fait décrocher la mâchoire d’un adulte dès qu’elle ouvre son bec pour expliquer que les dinosaures étaient ovipares alors que les mammifères sont vivipares (« sauf l’ornithorynque », elle précise, « parce que lui, il est monotrème, demande à Lucien Bonaparte si c’est pas vrai »), ben c’est Loutre qui rougit de plaisir et qui bombe le torse, sauf quand la mâchoire de l’adulte en question se décroche parce que Phlegmon vient de demander si elle pouvait éviscérer le mignon petit chaton pour voir s’il avait l’appendice au même endroit qu’un humain (là, Loutre  prend un air grave et me désigne silencieusement du doigt, Judas et Charlotte Corday dans le même corps si tu veux mon avis).

Bref, Loutre ne voulait pas d’enfant et n’avait jamais envisagé la parentalité.
Mais depuis quelques jours, je te jure que j’ai l’impression de crécher dans la tanière d’un fauve sur le point de mettre bas (ou dans l’étable d’une vache sur le point de vêler, vu que Loutre vient du pays du camembert au lait cru).

(Loutre): – Attends, puisqu’on va se faire chier chez Carrefour, autant passer au rayon spécialisé…prendre deux ou trois jouets, et aussi quelque chose de doux, pour les nuits…
(Moi): – …Deux ou trois jouets?
(Loutre): – Ben oué…des trucs qui font pouêt-pouêt, quoi, comme Sophie la Girafe…
(Moi): – Sophie la Girafe, hein?
(Loutre): – ….
(Moi): – Rhhôôôôô le gouzi-gouzi, mais c’est krôôô meugnon, tout ça!
(Loutre): – ….
(Moi): – Houuuuuuu!
(Loutre): – Toi qui as vu Alien deux mille fois, je peux te dire que l’explosion thoracique de John Hurt, c’est de la pisse de chat, à côté de ce qui t’attend, salope.
(Eva Braun): – Mâââââooow?
(Loutre): – Toi, ta gueule.
(Moi): – Dis donc, tu commences pas à t’en prendre à cette chatte, hein, sinon c’est moi qui te la démonte, ta face!
(Eva Braun, après avoir dégueulé dans ma chaussure gauche): – Mââââoooow?
(Moi): – Toi, ta gueule!

C’est un peu le bordel, voilà. Y’a dans l’air une tension à couper au couteau, comme si l’atmosphère était saturée d’hormones au point de rendre tout le monde à moitié marteau, y compris Eva Braun, qui a adopté un rythme frénétique dans ses régurgitations quotidiennes (maintenant elle gerbe matin, midi et soir). Tout ça, donc, à cause du Petit. Ben oui. Le Petit est né avant-hier. On a reçu un mail. C’est pour ça que Loutre est dans tous ses états, qu’Eva Braun est passée du stade « pacifisme hypocrite pré-Anschluss  » à la phase « hystérie totale et Blitzkrieg »  et que j’ai assez envie de déménager mon pieu au sous-sol, ou de prendre un aller simple pour Tegucigalpa (sa basilique de la Vierge de Suyapa, son parc la Leona, son célèbre clochard-chanteur Manuel de la Plata del Monte de mi Fondillo en la Cama).

(Oui, vu comme ça on dirait un rat d’égout atteint de myxomatose, mais dans huit mois ce connard pèsera quarante kilos, et à côté, Cujo ressemblera à un chihuahua rachitique)

| Étiquettes : , , , , | 25 Commentaires

La fille qui emmènerait bien son enfant voir « Massacre à la tronçonneuse »

Parce qu’une blogueuse populaire et branchée se fait toujours un devoir de te montrer à quel point elle est une jeune maman active et dynamique, toute en humoristique complicité et en émouvante tendresse avec sa progéniture (qui lui permet au passage de rédiger quelques juteux billets sponsorisés par Kiabi ou Mattel)…

Phlegmon (c’est ma fille) a adoré La princesse et la grenouille.

Au début, ça m’a vachement étonnée qu’elle ait envie de se fader un Disney, vu que ma fille, ben elle est un peu comme moi au même âge, question dessins animés: elle accroche pas avec les blondasses évaporées nonchalamment étendues sur des lits à baldaquins et qui attendent qu’un mongolien coiffé comme un personnage secondaire des Feux de l’amour vienne les délivrer du méchant dragon, de la vilaine sorcière ou du délégué syndical enragé qui les a prises en otage.
Phlegmon, ce qui la branche depuis qu’elle a l’âge de dire « anosognosie » (donc depuis qu’elle a environ huit mois), c’est les trucs un peu bizarres, limite angoissants.
Phlegmon, elle kiffe plutôt Tim Burton. Elle est fan absolue de L’étrange Noël de Monsieur jack. Elle se passe Les noces funèbres en boucle. Elle a pas encore maté Sweeney Todd, le barbier qui égorge ses clients à grands coups de rasoir, mais elle trouve Sleepy Hollow carrément trop bien (elle est un peu tombée amoureuse de Christopher Walken qui interprète le sympathique cavalier sans tête avec une bouche remplie de chicots tout pourris).

Donc, quand Phlegmon m’a demandé si je pouvais l’emmener voir La princesse et la grenouille au multiplex du coin, j’ai un peu tiqué, parce que je me demandais si elle couvait pas quelque chose. Les enfants, à cinq ans, ça peut couver tout plein de maladies, n’importe quelle blogueuse fille te le dira dans sa rubrique « trop cool d’être une maman », entre un patron de scrapbooking en forme de séraphin et un remède de grand-mère contre les règles douloureuses (jamais une blogueuse qui souhaite augmenter son audience n’ira conseiller à ses lectrices de prendre un comprimé de Paracétamol).

Mais quand je suis ressortie de la salle, je te rassure: je me sentais mieux et j’avais plus d’inquiétude.

Parce que Phlegmon, elle a pas craqué sur le bête sosie de Barak Obama qui sert de prince charmant. Elle a même pas remarqué, d’ailleurs, que les héros étaient tous des Noirs pour la première fois dans l’histoire de la secte Disney. Non, Phlegmon n’a pas percuté sur le message politique trop émouvant tellement il est courageux (« les Noirs sont, en fait, des gens comme les autres, à part qu’ils sont Noirs »).
Phlegmon, ce qu’elle avait repéré dans la bande-annonce à la téloche, c’est le coup du Vaudou.
Ben oui, parce que l’histoire se passe à la Nouvelle Orléans, alors forcément, on n’allait pas nous parler des inondations de 2005 à cause de Katrina, ni du taux de chômage, non plus, on est pas là pour réfléchir, c’est un Disney, n’oublie pas. Non, la Nouvelle Orléans dans les années 30, c’est le jazz, les Noirs qui swinguent et sourient tout le temps même s’ils sont dans la misère (le Noir est un peu benêt, mais bon musicien, excellent danseur, et tellement sympathique), le gumbo bien épicé, les Cajuns forcément complètement arriérés, le bayou rempli d’alligators et le Vaudou. Que des clichés à la con, mais plus c’est con plus c’est bon, c’est pour ça qu’on a tous raqué pour aller voir Avatar et qu’on a même pas honte de le dire.

Donc, dès que le méchant sorcier vaudou a commencé à emmerder l’héroïne, Phlegmon (qui avait l’air de s’ennuyer ferme depuis le début) s’est transformé du tout au tout.
D’abord,  le vilain sorcier signe tout un tas de contrats avec son sang et engage son âme en prenant de crédits revolving auprès du Diable, un peu comme un client de la BNP ou de la Société Générale , et l’arnaque à la Faust, ma fille, ça lui a plu au-delà de tout, à croire qu’elle est en train d’envisager une carrière dans la banque.
Après, le coup des esprits de l’Au-Delà qui ont des griffes et des dents de partout et qui beuglent comme des fantômes atteints du syndrome de Gilles de la Tourette , ça l’a littéralement mise en transe. Limite elle salivait de bonheur pendant que les autres gamins commençaient à faire pipi dans leur culotte.
Et puis le summum, on l’a atteint quand le sorcier sort une de ses fameuses poupées de chiffon dans lesquelles on plante des épingles longues comme le bras. Alors là, Phlegmon s’est mise à hululer de joie alors que tous les chiards dans la salle se mettaient à pleurnicher et à se lover dans les bras de leurs mamans. D’ailleurs, les mamans, elles ont commencé à me regarder de travers, comme si c’était ma faute (j’ai l’habitude, ça m’arrive souvent, mais des fois c’est gavant quand même). Phlegmon, elle était debout sur son siège et elle sautait sur place en faisant des bruits, et d’un seul coup y’a eu un grand silence dans la salle (enfin, on entendait encore le film et le sorcier qui hurlait « à moooooort! » d’une voix très caverneuse) et toutes les mamans ont dardé leurs regards sur nous, et crois-moi qu’elles avaient autant de feu dans leurs yeux que le sorcier en lançait sur les pauvres grenouilles (qui n’étaient pas de vraies grenouilles, mais des Noirs très sympathiques transformés en grenouille par les esprits de l’Au-Delà).

A la fin du film, bien sûr, le sorcier part brûler en Enfer, Barak Obama redevient milliardaire (oui, au début du film il est fauché comme les blés, c’est la seule touche de réalisme du film, d’ailleurs, un Noir dans la dèche), il épouse Halle Berry et ils ouvrent un grand restaurant qui attire des milliers de clients fortunés (je te rappelle que ça se passe dans le Sud, dans les années 30 ou 40, alors je vois ça d’ici, deux Noirs qui tiennent un restau branché dans lequel tous les membres du KKK viennent se payer un bon gumbo entre deux lynchages).
Quand les lumières se sont rallumées, la jeune maman qui était assise à ma droite m’a regardée comme si je venais de lui roter bruyamment au visage. Elle tenait son fiston par la main, un gosse qui devait avoir pas loin de huit ans, avec une drôle de tête comme une montgolfière et qui suçotait vaguement l’oreille d’un ours en peluche cradingue, le regard vide et le cheveux gras.

– Dites, madame, faudrait penser à consulter, quand même, parce que votre fille, permettez-moi de vous dire le fond de ma pensée, ben elle doit avoir un problème dans sa tête!

Je l’ai regardée tout pareil et puis j’ai jeté un regard à l’héritier.

– C’est ça, on lui dira. Et Mongolito, il a flirté d’un peu trop près avec les forceps, ou bien il est juste hydrocéphale?

Phlegmon m’a demandé, une fois rentrées à la maison, si elle pouvait organiser une sorte de goûter vaudou et inviter des filles de son école maternelle à venir piquer des poupées avec des épingles en buvant du faux sang de singe momifié.
Franchement, je vois pas pourquoi j’aurais refusé.

Catégories : Varices, hémorroïdes et autres joies indescriptibles de la maternité | Étiquettes : , , , | 19 Commentaires

Propulsé par WordPress.com.